Taxim - episode2 (carnet de voyage)

Dimanche soir…
Après presque deux jours, l’impression majeure est que tout est différent. La culture, la langue, c’est certain. Mais le lieu n’étant pas le même, je sent que tout est possible ici, comme me le rappelle régulièrement Ayse pour me mettre en garde. D’ailleurs, à ce sujet, je dis “oui” à chaque fois, mais je ne vois pas trop en quoi c’est différent d’ailleurs. Tout est possible, partout dans le monde…
L’honnêteté des gens me surprend, est-ce parce que je dès que je ne me rase pas, je leur ressemble ? Est-ce la sympathie, le sourire qui va bien, ou simplement parce que j’ai les yeux un peu plus ouverts que dans mon propre pays ? Je dois quand même me fondre dans le paysage urbain, un taxi m’a demandé son chemin cette après-midi…
Le conducteur du bus qui m’a ramené ce soir m’a fait complètement halluciner. Je rentre le premier (donc je dois m’asseoir à coté de lui) puis la camionnette démarre… à 20 km/h pendant une bonne dizaine de kilomètres. En fait, j’ai compris après qu’il ne voulait pas traverser la ville à vide. Donc il klaxonnait à tous les coins de rues pour prévenir les potentiels clients. Bref, j’ai beaucoup rit… Un détail qui m’a frappé est qu’il passe son temps au téléphone, à répéter les mêmes choses. Ayse me dit que c’est pour prévenir les autres chauffeurs des conditions de circulation. Comme à Paris, la ville est complètement surchargée de voitures. La seule différence avec nous, c’est qu’ils ont compris depuis longtemps que la mer était une solution pour passer d’un côté à l’autre…
En arrivant au motel, j’ai vu un homme courir et crier comme un fou, vers une place où attendent les taxis. Ensuite, je vois l’un d’eux remonter en trombe une rue interdite à la circulation (enfin presque…). Je me dis : même les taxis sont sympa et interviennent pour transporter quelqu’un qui va mal. En fait, en arrivant sur les lieux, je vois deux couples sortir d’une entrée d’immeuble gardée par deux molosses (chez nous on dit videurs), puis entrer tranquillement dans le taxi…
Ce soir, il y avait match de foot, l’équipe d’Istanbul recevait une autre équipe de Turquie. La différence avec chez nous ? Mélangez l’importance de la coupe du monde (pour les commerçants, les bars, les restaurants et aussi dans l’esprit des gens), avec la tension que peut générer un PSG-OM… Ici, c’est comme ça tout le temps…
D’ailleurs en parlant de ça, ici aussi on se tape sur la gueule pour son équipe… à croire que le foot est décidément une bonne excuse pour la connerie, quelque soit la culture. Un sport qui devait occuper les gens et qui au final, devient totalement l’inverse et qui devient l’excuse pour faire sortir toute la cavalerie et l’ensemble de son artillerie.
Ici aussi la cavalerie est soignée. Je n’ai pas vu un seul de leur véhicule ayant plus de quelques mois ou un an maximum. Bref, ils sont très présents et crains par les gens.
Au bord de la plage, dans un quartier que l’on peut qualifier de 16ème arrondissement d’Istanbul, une équipe de 4 policiers “gèrent la sécurité” d’une parcelle de cette côte avec leurs quads. Ce soir, même eux, avaient un peu bu. Bref, vers minuit, ils titubaient et parlaient vraiment forts. Nous étions deux, seuls et tranquillement en train de discuter. En les entendant et les voyant s’approcher, Ayse a pris peur et m’a demander de partir. Bref, j’ai du la rassurer et lui dire d’arrêter de marcher si vite, le meilleur moyen pour attirer l’attention…
Cette anecdote pour dire que “le tout répressif” et surtout le sentiment de peur que peut générer autant de pouvoir à des personnes qui en voient l’occasion de jouer les cowboys génère les problèmes là où il n’y en a pas… ici aussi.
(suite demain)
Voir aussi sur le sujet :















Titre du billet
Date de publication
Catégories
Commentaires
Laisser un commentaire